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Né à Paramé (Saint -Malo), Dominique Molard débute la
musique bretonne à l’âge de onze ans, après être resté «
remué » devant le défilé des caisses claires écossaises
du Pipe Band de la Police d’Edinburgh. C’est pourtant
par la bombarde qu’il démarre, le pupitre de caisses
claires étant déjà trop fourni en élèves, et celui des
bombardes insuffisant. Après un an d’apprentissage de la
bombarde, Dominique réussit enfin à suivre les cours de
caisse claire et file, vers 1967, rejoindre le Pipe Band
« An Ere » de Rennes qui lui permettra les rencontres
inespérées des deux grands batteurs écossais, George
Crawford et Alex Duthart.
Deuxième fils parmi les quatre gars musiciens (les
incontournables frères Molard), il crée avec Patrick,
son aîné, le groupe de Fest-noz Satanazet auprès de
quatre autres musiciens, puis après un passage aux côtés
de Myrdhin, rencontre Alan Stivell (Penn sonneur du
Bagad Bleimor où Dominique se trouve à ce moment là), et
l’accompagne dans ses tournées au bodhran, bones et à la
caisse claire. Ogham sera sa prochaine formation, où il
joue cette fois du bouzouki, avec ses trois frères,
Patrick au uillean pipe, Jacky au violon, et Claude
(malheureusement disparu aujourd’hui) à la guitare, au
concertina et au bodhran.
Chef de pupitre batterie des Bagadoù de la Kevrenn Brest
Sant Mark, Saint-Malo, Bleimor et Douarnenez, en même
temps qu’il est professeur de guitare, bombarde, caisse
claire écossaise et batterie à l’Ecole de Musique de
Douarnenez, Dominique ne cesse de perfectionner ses
connaissances puis, en 1989, passe le Diplôme d’Etat en
caisse claire écossaise à Villeurbanne, qui n’existait
pas encore avant lui ! En 1993, Dominique s’intéresse de
plus en plus aux autres percussions faisant claquer sous
ses mains les sonorités du monde.
Son goût pour les multiples rencontres et sa dextérité
d’interprète ne cessent d’être sollicités par de
nombreux musiciens et groupes de différents horizons.
Ainsi on le retrouvera dans les groupes de Festoù-noz
comme Bleizi Ruz, Diaouled Ar Menez, ou sur les mêmes
planches que Zap (« la musique piétonne » avec cuivres
et batterie), Road 66, Gwendal, Kémia, Alain Genty,
Andarta, Kern, Les Pires, Yann-Fanch Perroche,
Jean-Michel Veillon, Celtic Procession, Les Frères
Guichen, Bal Tribal (Prix régional à la création
artistique 2000 du Conseil Régional, création des frères
Molard), ou encore en accompagnateur auprès des
chanteurs comme Nilda Fernandez, Georges Jouin, Maxime
Piolot, Jacques Higelin, Manu Lannhuel, Denez Abernot,
Gérard Delaye… Une rencontre parmi toutes celles qu’il
fera le marquera véritablement, c’est celle avec Yvan
Cassar en 1993. Pour lui, avec son frère Patrick et de
nombreux autres artistes (dont le fameux pupitre
batterie « Strathclyde Police Pipe Band), il participera
à la création du spectacle musical « De Toutes Les
Couleurs », où Dominique tombe amoureux du son complexe
et magique des tablas, percussions indiennes, et y fera
la connaissance de Shyamal Maïtra, son futur maître
d’apprentissage.
Au fin fond de l’Ecosse brumeuse au Portugal
ensoleillé, des alpages Suisses au pourpre de l’Asie
mineure, Dominique Molard fait étape et ramène de ses
rencontres des couleurs pour les rajouter à sa palette
musicale. On le retrouve aujourd’hui dans plusieurs
styles différents, avec Marthe Vassalo et Philippe
Ollivier dans Bugel Koar, dans Toud’Sames avec
Jean-Michel Veillon, Alain Genty, David Hopkins (« Hopi
»), et Lors Jouin, dans le groupe
Skolvan (le groupe
« phare » du Fest-noz), avecGilles Le Bigot, Youenn Le
Bihan, Bernard Le Dréau et Loïc Troël, puis avec Eric
Liorzou et Alain Rouquette dans une formation pétillante
en cours de préparation…
Mais c’est surtout au sein du groupe STOK AN DANS
(Frappe de la Danse, en breton), créée par lui-même que
Dominique se révèle totalement. « La Carte Blanche » qui
lui a été offerte lors du Festival de Kleguerec
(Morbihan) en 2001, lui permet de concrétiser son rêve :
créer un groupe uniquement composé de percussions de
toutes origines. Aussi l’on voit s’exécuter autour de
lui, Stéphane Sotin (Skeduz, G. Servat, Awatah), Jacques
Moreau (Taÿfa, Doo The Doo, Honey Men), et Yvon Molard,
son fils, (Forzh Penaos, David Pasquet groupe, Trucek
5,Colin Quartet, In Memorium), avec qui notamment il a
remporté le Prix de l’originalité au concours de Gourin
2003 en catégorie « Duo Libre », aux batterie, tablas,
congas, cajon, bendir, djembé,balafon, hang, caisse
claire… Depuis presque deux ans, est arrivée la voix
insolite d’Olivier Leroy (Shafali, Pandip, Mukta,
Bollywood), apportant la chaleur et le dépaysement de
l’Inde mystique sur un fond de musique électro. Ici,
comme Dominique le désirait, la danse traditionnelle
bretonne devient universelle et l’on se prend les bras
pour les maillons d’une immense chaîne de Plinn ou
d’Andro, les pieds fourmillant, l’esprit enfui aux
confins de la transe voyageuse… Une musique inédite et
réussie à découvrir ou redécouvrir pour ceux qui étaient
présents aux Vieilles Charrues ou au bord de la scène
découverte du Festival du Bout du Monde à Crozon cet
été… |